Que faire du produit de la cession ?

Placer le produit de la vente d’une officine n’est pas choisir un placement : c’est répartir un capital entre des poches qui n’ont ni le même horizon, ni la même fiscalité, ni le même risque.

Courbe de capitalisation sur fond vert officine

Méthode

Quatre poches, quatre horizons


La première erreur consiste à chercher « le bon placement ». Il n’y en a pas : il y a un capital à répartir entre des usages différents. La seconde erreur consiste à tout sécuriser — un capital intégralement placé en fonds en euros ou sur un compte à terme perd du pouvoir d’achat dès que l’inflation dépasse son rendement net.

Nous raisonnons par poches. Chaque euro reçoit un horizon et une mission : payer les dépenses des prochaines années, produire un revenu régulier, faire croître le capital, ou préparer la transmission. L’allocation découle de cette répartition, et non l’inverse.

La taille de chaque poche dépend de votre âge, de votre besoin de revenus net d’impôt, de vos autres sources (pension, loyers, revenus du conjoint), de vos projets et de ce que vous souhaitez transmettre. Deux pharmaciens ayant cédé au même prix n’ont presque jamais la même allocation.

  • Une allocation chiffrée, avec le revenu net annuel qu’elle permet de servir
  • Des enveloppes choisies pour leur fiscalité, pas pour leur commission
  • Une architecture ouverte : plusieurs assureurs, plusieurs sociétés de gestion
  • Un suivi semestriel et des arbitrages documentés

Dans le détail

Comment répartir le capital


Les quatre poches

Sécurité et liquidité

Deux à cinq ans de dépenses, disponibles sans risque de perte : comptes à terme, fonds monétaires, fonds en euros. C’est la poche qui vous évite de vendre au mauvais moment.

Revenus réguliers

Obligations datées, fonds obligataires, SCPI, produits structurés à coupon : la poche qui remplace, mois après mois, le revenu de l’officine.

Croissance

Actions internationales en gestion pilotée ou sous mandat, au sein d’un contrat d’assurance-vie ou d’un compte-titres : la poche qui protège le capital de l’inflation sur dix ans et plus.

Non coté et actifs réels

Private equity, dette privée, club deals immobiliers : une poche minoritaire, illiquide, visant une prime de rendement sur huit à dix ans.

Quelle enveloppe pour quel usage

EnveloppeUsage principalPoints d’attention
Assurance-vieRevenus programmés, croissance, transmission hors succession dans les limites légalesFiscalité allégée après 8 ans ; qualité du fonds en euros et de la gamme d’unités de compte
Contrat de capitalisationMême moteur financier, mais transmissible et démembrableEntre dans la succession ; pertinent en donation de la nue-propriété aux enfants
Compte-titresLiberté totale de supports, obligations en direct, titres vifsFiscalité au fil de l’eau (prélèvement forfaitaire unique ou barème)
PEAActions européennes, capitalisation à fiscalité réduite après 5 ansPlafond de versement ; univers d’investissement restreint
Société patrimoniale (IS)Capitalisation de longue durée, immobilier, transmission des titresImposition à l’impôt sur les sociétés ; sortie des liquidités fiscalisée
SCPI et immobilierRevenus récurrents, adossement à des actifs réelsLiquidité réduite, frais d’entrée, fiscalité des revenus fonciers

Un ordre de grandeur, pas une règle

Pour un titulaire de 60 ans sans autre revenu immédiat, une répartition de départ fréquente combine une poche de sécurité couvrant trois à cinq années de dépenses, une poche de revenus majoritaire et une poche de croissance significative, le non coté restant minoritaire.

Ces proportions n’ont de sens qu’après analyse de votre situation : elles sont données pour illustrer la méthode, non pour servir de recommandation.

Ce que nous vérifions avant d’investir

  • Le revenu net annuel dont vous avez besoin, charges et impôts compris
  • La date effective de liquidation de vos droits à la retraite
  • L’existence d’une holding et le sort des liquidités qu’elle détient
  • Le régime matrimonial et la protection du conjoint survivant
  • Les crédits en cours et les cautions encore vivantes
  • Le sort des murs de l’officine et de la SCI qui les détient
  • Les clauses bénéficiaires des contrats existants
  • Votre tolérance réelle à une baisse temporaire de la valorisation

« On ne place pas un capital de cession comme une épargne mensuelle : il n’y aura pas de versement suivant pour corriger une erreur de départ. »

Officine & Patrimoine

Questions fréquentes

Vos questions


Non. L’assurance-vie est une enveloppe remarquable pour les revenus programmés et la transmission, mais elle ne couvre pas tous les besoins : un compte-titres reste nécessaire pour certaines obligations en direct, une société patrimoniale pour capitaliser à l’impôt sur les sociétés, l’immobilier pour l’adossement à des actifs réels. La répartition entre enveloppes fait partie du conseil.
La bonne question n’est pas le rendement cible mais le revenu net nécessaire et le risque acceptable pour l’obtenir. Une allocation prudente servant un revenu régulier suffisant vaut mieux qu’une allocation performante qui vous empêche de dormir et que vous arbitrerez au plus mauvais moment.
Oui, et c’est même souhaitable : la poche de sécurité est le socle de l’allocation. Au-delà de deux à cinq années de dépenses, en revanche, les liquidités non rémunérées constituent une perte de pouvoir d’achat certaine.
Cela change tout : le capital doit rester mobilisable, et le remploi peut présenter un intérêt fiscal majeur si vous avez réalisé un apport-cession. Dites-le dès le premier rendez-vous.

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